#03pourcent



Le cercle vicieux
d'une politique de peur
(21/05/2020)



Vous pouvez traduire ce texte dans la langue de votre choix :

La peur mène à la colère, la colère mène à la haine, la haine mène à la souffrance.
Maître Yoda

Depuis le début de la crise, notre gouvernement, comme d'ailleurs la plupart des autres, a mené une politique de peur pour faire accepter à la population des mesures normalement inacceptables. Et sans doute a-t-il eu peur lui-même lorsqu'un rapport anglais a annoncé que le virus ferait quelque 600 000 morts en France si on ne réagissait pas, peur qui l'a mené à adopter des mesures complètement irraisonnées pour tenter d'éviter cette hécatombe annoncée.

On a su tout de suite que la maladie était surtout mortelle, ou très pénible, pour les personnes âgées ou souffrant de certaines maladies... Il fallait donc avant tout penser à les protéger elles, et ça n'était pas difficile : on peut faire comprendre à un enfant qu'il ne doit pas s'approcher de son grand-père pendant quelques mois parce qu'il risque de lui transmettre une maladie qui peut le tuer ; et les adultes aussi peuvent prendre des précautions particulières pour ne pas risquer de contaminer leur parent âgé ou fragile.

Mais c'était trop simple, le gouvernement a choisi une autre voie... Il s'agissait de faire passer le message : ne soyez pas égoïste, protégez-vous pour protéger les autres. Ce qui revient à demander à tous d'être attentifs à leurs gestes (les fameux « gestes barrières ») tout le temps, et pas seulement lorsqu'ils s'approchaient des personnes vulnérables.

Et en même temps on leur faisait croire qu'il y avait juste quelques milliers de personnes portant la maladie. Il faut réfléchir un peu, dire aux gens qu'ils doivent absolument se protéger 24h/24, en évitant tout contact avec les autres, en étant parfaitement attentifs à tous leurs gestes pour ne pas risquer de transmettre la maladie, et en même temps leur laisser penser qu'ils ont une chance infime de croiser quelqu'un qui porte le virus, c'est complètement absurde !

Mais voilà, il ne fallait pas leur dire qu'au plus fort de l'épidémie près d'une personne sur dix qui portait virus, parce que là c'est autre chose, vu que tout le monde ne tombait pas comme des mouches autour de nous on pouvait en venir à penser que le virus n'était pas aussi dangereux qu'on le disait, alors comment continuer à effrayer le peuple ? Il fallait absolument focaliser son attention sur le nombre de « cas confirmés » : cent mille personnes contaminées et quinze mille morts, ça fait peur... Alors que si c'est cinq millions de personnes contaminées pour le même nombre de morts c'est moins effrayant, on pourrait presque en venir à comparer ça à la grippe (ce qui ne serait pas correct sur la durée d'une saison, mais sur le long terme oui : la grippe fait quelques milliers de morts chaque année en France, un virus comme celui de la covid-19 arrive une fois en quelques dizaines d'années et pourrait faire plus de 100 000 morts si on le laissait faire) !

Donc impossible d'obtenir que les gens respectent correctement les consignes, c'était juste évident.

Le principal effet de cette politique était de monter les gens les uns contre les autres : ceux qui respectent parfaitement les consignes, qui s'affolent à chaque fois qu'ils voient quelqu'un toussoter près d'eux sans mettre son bras devant sa bouche, qui voient des tas d'inconscients insouciants qui laissent jouer leurs enfants entre eux... Et les autres, ceux qui ont bien compris qu'il ne fallait pas arrêter de vivre pour un virus somme toute pas très mortel, les insouciants en question, montrés du doigt et que le gouvernement faisait tout pour culpabiliser. Tout ça va laisser des traces durables dans notre société, bien plus délétères que les quelques dizaines de milliers de morts qu'on aura momentanément évités.

Et puis on a eu la brillante idée d'enfermer les gens en famille : ceux qui n'avaient pas le virus avec souvent au moins une personne qui l'avait ! Comment en est-on arrivé là ? Les Chinois l'ont fait et ont pu ainsi arrêter l'épidémie, l'O.M.S. a dit que c'était ce qu'il fallait faire, donc tout le monde ou presque l'a fait sans se poser de questions, sans se demander par exemple si on peut faire les mêmes choses chez nous qu'en Chine. Et c'est vrai qu'on a quand même réussi à faire accepter au peuple que sortir de chez soi soit considéré comme un délit passible d'une amende de quatrième catégorie, et d'une peine de prison en cas de récidive ! Et ne nous plaignons pas, dans les pays d'Asie considérés comme des modèles de lutte contre le virus cette amende était de plusieurs milliers d'euros.

Et donc forcément les personnes les personnes âgées ou malades, les plus vulnérables, n'ont bénéficié d'aucune protection particulière... Et vu qu'elles étaient déjà deux fois plus exposées à contracter le virus, comme on le savait depuis l'étude de l'épidémie sur le bateau de croisière Princess Diamond publiée le 20 février, on imagine le résultat.

Mais après tout les personnes âgées se sont peut-être protégées elles-mêmes, se sachant menacées ? Cela j'en doute aussi. Les gens de plus de 80 ans ont connu la guerre, la vraie guerre, pas celle qu'on se fabrique contre un virus qui fait 0,3% de morts ! Alors est-ce que ce sont eux qui vont se protéger, ou les jeunes angoissés nourris au principe de précaution ? Pour le savoir sortez dans la rue et regardez l'âge moyen de ceux qui portent des masques, puisque maintenant il y en a... Ce sont plus des jeunes que des vieux, on en fait même porter à des enfants qui eux ne risquent absolument rien (rappelons que pour à peu près un million d'enfants qui ont été contaminés en France, il y a eu un enfant de moins de dix ans, qui souffrait d'une comorbidité, mort de ce virus) et qui en plus sont peu contagieux.

Et il ne fallait surtout pas qu'on sorte de chez soi, il fallait rester confinés en famille alors que les températures étaient encore assez basses... Quand on sait que le confinement de personnes dans des espaces réduits, où l'air est peu renouvelé, est un des principaux vecteurs de propagation des virus par voies respiratoires... Sauvez des vies, restez chez vous, disait le slogan... On pourrait ajouter : Ainsi vous ne tuerez que votre grand-père.

Mais je suis mauvaise langue, il y a des vieux qui vivent seuls, ceux-là ont donc été bien protégés... C'est vrai, ils ont de la chance : ils seront juste privés de tout contact avec leurs petits-enfants pendant probablement un an, pour beaucoup jusqu'à la fin de leur vie, le temps qu'on ait un vaccin (si le vaccin arrive, parce que beaucoup de spécialistes en doutent, vu qu'on n'a jamais conçu un vaccin contre un coronavirus)... C'est bien ce qui est prévu dans les plans du gouvernement, ne pas relâcher la pression pour tenter d'éviter une seconde vague... Un an de vie morbide pour tous et de tristesse pour les quelques vieux qui auront survécu... Mais au moins ils vivront, c'est l'essentiel pour les champions de l'assistance médicale qui sont aux commandes : l'espérance de vie ne sera pas trop atteinte grâce à ces vies de désespoir.

On saura bientôt si oui ou non les vieux auront été protégés par la stratégie du gouvernement. Il suffira de faire des tests sérologiques sur un panel représentatif de la population, et de voir quel est le taux d'immunité par tranche d'âge. Mais le gouvernement ne semble pas pressé de faire de tels tests, ça n'est pas sa priorité, et d'ailleurs les tests sérologiques c'est pas au point, on n'est pas sûr que c'est efficace. On sait pourtant en faire quand il y a une centaine d'enfants qui sont atteints pendant quelques jours d'une maladie que l'on suspecte d'être liée au coronavirus, là on affole tout le monde à quelques jours de la reprise de l'école pour ces enfants qui ont tous guéri sans aucune séquelle sur un million qui n'ont rien eu, sauf un qui est mort et qui présentait une co-morbidité, mais à part dans un tel cas les test sérologiques ne valent rien, ça peut attendre...

En tout cas cette politique a bien joué son rôle en montant les gens les uns contre les autres : Police secours était saturée d'appels de gens qui dénonçaient leurs voisins, tout le monde dans les rues se regardait de travers, changeait de trottoir... Ce qui m'a sauvé de la déprime complète c'était la pénurie de masques : pour moi c'est ce qu'il y a de pire, ne plus voir un sourire ! C'est malheureusement terminé, les masques qu'on disait inefficaces quand il n'y en avait pas envahissent les rues, sont obligatoires dans les transports en commun (ce qui se comprend sur les lignes qui sont saturées) et dans la plupart des centres commerciaux... Les masques, c'est désespérant pour ceux qui n'en portent pas, oppressant pour ceux qui en portent, ça ne protège pas beaucoup de la contamination et c'est catastrophique pour le moral de tous... Du coup, c'est maintenant que je me confine, pour ne pas voir ce défilé de zombies !

Et pendant le confinement on a demandé à la plupart des gens de ne pas travailler, pour ne pas s'exposer au terrible virus, et on a érigé en héros ceux qui devaient le faire, à commencer par le personnel soignant... On veut faire croire qu'ils étaient en première ligne devant la terrible épidémie, et que beaucoup l'ont payé de leur vie...

C'est vrai que le personnel soignant a été héroique dans cette épreuve, pour avoir travaillé sans relâche alors qu'il était déjà en sous-effectif avant l'épidémie... mais pas pour avoir pris des risques. Ils sont extrêmement protégés pendant leur travail, et même s'il y a eu quelques manquements qui ont été montés en épingle il est clair que la plupart de ceux qui ont eu le covid l'ont contracté en dehors de leur travail... Je sais que c'est mal vu de le dire mais c'est la vérité, et je le sais parce que j'en connais.

Mais le mensonge est bien entré dans la tête des gens, à lire cette « info » : Selon une enquête présentée ce lundi 4 mai par la CGT-Santé, au moins 12 000 salariés des hôpitaux, Ehpad et autres établissements sociaux ont été infectés par le Covid-19, soit environ 2% de l’ensemble des personnels soignants. Ce taux de contamination est dix fois supérieur à celui observé au sein de la population générale.

Si 2% de l'ensemble des personnels soignants a été contaminé, c'est bien moins qu'au sein de la population générale ! En réalité, le personnel soignant a été sûrement à peu près autant contaminé que la moyenne de la population, sans doute de l'ordre de 10%, mais il a été naturellement beaucoup plus testé : au moindre symptôme, alors que la plupart des individus lambda n'ont pas été testés même s'ils avaient des symptômes. Et qu'on ne s'étonne pas non plus que le taux de contaminés confirmés soit moins important chez les médecins : ils sont peu en contact avec les malades, ils sont donc aussi moins testés que les infirmiers ou aides-soignants.

Je rappelle d'ailleurs que le 21 mars, il y avait 20 députés sur 600 et 3 membres du gouvernement sur 30 qui étaient contaminés (depuis on ne dit plus combien ils sont), ça serait donc les politiciens les plus grands héros, ceux qui risquent le plus leur vie ?

En réalité, les vrais héros, ceux qui ont été les plus exposés au virus, ce sont entre autres les livreurs et les caissières de supermarchés... La plupart d'entre eux ont sûrement été exposés, et sont donc pour une bonne part immunisés, et on leur rend maintenant le travail encore plus difficile en leur imposant de porter gants et masques !

Bref, maintenant on déconfine, parce que le confinement ça peut pas durer éternellement, il faut retourner au travail pour éviter que l'économie ne s'effondre complètement. Mais comment faire lorsque pendant deux mois ont a dit aux gens de ne pas travailler pour ne pas risquer leur vie et celle de leur famille ?

Eh bien c'est simple, pour les rassurer on va multiplier les mesures de sécurité sur les lieux de travail : des séparations partout, des masques obligatoires, des consignes d'hygiène strictes et contrôlées... Le travail n'aura jamais mérité autant son étymologie venant d'un instrument de torture... Il n'y avait déjà pas beaucoup de gens qui aimaient aller travailler, maintenant ça sera bien pire.

Et il en va de même des enfants qui doivent retourner à l'école pour que leurs parents puissent justement aller travailler... Eux ne risquent pratiquement rien, il y a eu un seul enfant mort du coronavirus en France (et un seul ado), et de plus ils ont eu tout le temps de se contaminer entre eux pendant ces deux mois de confinement parce que ça n'est franchement pas possible de garder un enfant enfermé en l'empêchant d'aller jouer avec les autres (en tout cas je plains ceux pour qui ç'a été possible !), donc pour rassurer leurs crétins de parents on va aussi leur imposer des règles strictes : masques obligatoires, interdiction de jouer dans les cours de récré, et autres punitions (c'est comme cela qu'ils vont le ressentir)... De quoi faire une belle génération de névrosés et d'allergiques à l'école !

Et il y a le pistage qui démarre. Le but est rappelons-le de faire en sorte que l'épidémie continue à régresser malgré l'absence de confinement, et puisqu'on sait qu'il y a beaucoup de contaminés qui présentent peu ou pas de symptômes à moins de pouvoir tester une grande partie de la population il faut s'efforcer de rechercher les « cas contacts » de tous les contaminés dépistés.

On a voulu impliquer les médecins dans cette « traque », en leur offrant une récompense pour tout « cas contact » identifié... Mais devant la levée de boucliers de beaucoup d'entre eux, et l'avis négatif du Conseil constitutionnel, on y a renoncé. Ce seront seulement les « brigades sanitaires », essentiellement composées d'agents de l'Assurance maladie habituellement employés pour traquer les fraudeurs, qui seront chargés de trouver les « cas contacts » en persuadant les personnes contaminées de les dénoncer... Parce qu'il s'agit bien de dénonciation quand le résultat sera l'obligation de se soumettre à un test de contamination et en cas de résultat positif d'être contraint à l'isolement pendant au moins quatorze jours, et peut-être jusqu'à un mois (c'est ce qui est prévu dans la loi sur l'état d'urgence sanitaire, prolongée jusqu'au 10 juillet), même et surtout si on ne présente aucun symptôme de la maladie.

Depuis le début, toute la politique du gouvernement est destructrice d'amitié, de rapports humains, de joie de vivre, et ceux qui font mine de résister sont ostracisés, dénigrés, haïs... Pour espérer sauver des vies, on détruit durablement tout ce qui fait la vie !

Voilà l'avenir proche, et qui risque de durer un moment... Jusqu'à la seconde vague qui nous amènera sûrement à accepter enfin qu'il faut atteindre l'immunité de groupe pour être débarrassés de la maladie, ou jusqu'à un vaccin ce qui serait la pire des possibilités puisque personne n'espère qu'on l'aura avant l'année prochaine à moins qu'il ne s'agisse d'un vaccin mal testé qui pourrait s'avérer bien plus dangereux que le virus.

Le gouvernement est enfermé dans ses mensonges, il est allé trop loin pour dire maintenant que ce virus n'est pas aussi dangereux qu'on le pensait, qu'il vaut mieux que tout le monde l'attrape à part les personnes vulnérables pour qui il est vraiment dangereux.

Alors si on ne l'arrête pas il ira jusqu'au bout dans la bêtise...

Robert Alessandri



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Ce texte a été lu fois depuis le 21/05/2020